Du cododo au lit de grand : les essentiels pour une transition en douceur

par | Déc 4, 2025 | Non classé | 0 commentaires

Jeune maman allongé à proximité de son bébé.

Du cododo au lit de grand : Le guide essentiel pour une transition en douceur

Cette transition vous inquiète ? C’est normal (et vous n’êtes pas seuls)

Le passage du cododo ou du berceau dans votre chambre vers le lit à barreaux dans sa propre chambre génère beaucoup d’anxiété parentale. Vous vous demandez peut-être :

  • « Est-ce que je ne vais pas le traumatiser ? »
  • « Est-ce le bon moment ? »
  • « Comment faire pour qu’il ne se sente pas abandonné ? »

Respirez. La réponse courte : Non, vous ne créez pas de traumatisme si vous accompagnez cette transition avec présence et bienveillance.

Cet article vous donne les clés scientifiques et pratiques pour réussir ce passage en douceur.

Ce que dit la science : Comprendre pour mieux accompagner

Le cododo est normal (et vous n’avez rien fait de « mal »)

Le sommeil partagé est pratiqué par 90% des cultures dans le monde. D’un point de vue anthropologique, c’est le sommeil séparé qui est l’exception culturelle, pas le cododo.

Vous n’avez pas créé une « mauvaise habitude ». Vous avez répondu à un besoin biologique de proximité.

L’attachement ne se mesure pas à la distance physique

Les travaux de John Bowlby et Mary Ainsworth sur la théorie de l’attachement montrent que la sécurité affective se construit sur trois piliers :

  1. Prévisibilité : L’enfant sait ce qui va se passer
  2. Stabilité : Les réponses parentales sont cohérentes
  3. Proximité : Le parent est disponible quand nécessaire

La clé : Ce n’est pas OÙ votre enfant dort qui compte, mais COMMENT vous accompagnez la séparation.

Des recherches récentes (Mindell et al., 2017) confirment que les enfants qui dorment dans leur chambre dès 4-6 mois ne montrent aucune différence d’attachement à 18 mois comparés aux enfants en cododo.

Le développement du cerveau rend cette transition possible

Entre 8 et 12 mois, le cerveau développe la permanence de l’objet : la compréhension que vous continuez d’exister même quand l’enfant ne vous voit pas.

Avant : « Maman n’est pas là = Maman a disparu = DANGER »
Après : « Maman n’est pas là MAIS elle existe quelque part = Je suis en sécurité »

Cette acquisition neurodéveloppementale rend possible la séparation nocturne – à condition de l’accompagner.

Quand faire la transition ? Les fenêtres favorables

Il n’y a pas d’âge « obligatoire », mais certaines périodes sont plus faciles :

Fenêtre 1 : 4-6 mois

✅ Avantages : Avant l’anxiété de séparation (8 mois)
⚠️ Attention : Beaucoup de réveils nocturnes encore normaux

Fenêtre 2 : 10-14 mois

✅ Avantages : Permanence de l’objet acquise, peut se souvenir de vos promesses
⚠️ Attention : Pic d’anxiété de séparation possible

Fenêtre 3 : 18-24 mois

✅ Avantages : Comprend le langage, peut anticiper, utilise des outils symboliques
⚠️ Attention : Phase d’opposition (« NON ! »), peurs du soir possibles

Règle d’or : Un seul gros changement à la fois. Reportez si : nouveau bébé proche, déménagement, entrée crèche, séparation parentale, maladie.

Les signaux de favorables (selon son age)

Votre enfant est prêt si :

  • Il montre de l’autonomie en journée
  • Il accepte la séparation lors des siestes
  • Il a un doudou qu’il affectionne
  • Il n’est pas en période de régression

VOUS êtes prêt·e si :

  • Vous ne le faites pas sous pression externe
  • Vous êtes convaincu·e que c’est bon pour votre famille
  • Vous êtes prêt·e à être patient·e (2-3 semaines)
  • Les deux parents sont alignés
Préparer la transition : Les 4 piliers essentiels

La préparation est 50% du succès. Un enfant préparé vit cette étape comme une progression naturelle, pas comme un arrachement.

  1. Créer un environnement sécurisant (2-4 semaines avant)

Aménagement optimal :

  • Température 18-20°C
  • Obscurité totale ou quasi-totale
  • Bruit blanc/rose si environnement bruyant, sinon silence
  • Lit à barreaux sécurisé avec matelas ferme
  • Photo de famille visible depuis le lit

Astuce puissante : Jouez dans la chambre en journée AVANT la transition. L’enfant doit associer ce lieu à des moments positifs.

  1. Introduire progressivement la chambre (1-2 semaines avant)

Progressivité :

  • Jours 1-3 : Jouer 10-15 min/jour dans la chambre
  • Jours 4-7 : Rituel du coucher dans la nouvelle chambre (mais dodo encore ailleurs)
  • Jours 8-10 : Siestes dans le nouveau lit
  • Jours 11-14 : Transition nocturne
  1. L’outil le plus puissant : L’histoire personnalisée

Entre 18 mois et 5 ans, c’est LA technique la plus efficace.

Le cerveau utilise la répétition mentale pour se préparer aux situations nouvelles. Quand un enfant « vit » une situation dans une histoire personnalisée, son cerveau crée déjà les connexions neuronales. Le jour J, ce n’est plus « nouveau » – c’est « déjà vécu » mentalement.

Structure de l’histoire :

« L’aventure de [PRÉNOM] dans sa grande chambre »

 

→ [Prénom] va dormir dans sa chambre de grand·e

→ Au début, [Prénom] se demande : « Est-ce que je vais avoir peur ? »

(VALIDER la peur = normal)

→ Mais dans sa chambre, il y a : son doudou, la photo de Papa/Maman,

et surtout Papa/Maman sont juste à côté

→ Le premier soir, [Prénom] a un peu peur mais Papa/Maman restent

un moment et [Prénom] s’endort tranquillement

→ Pendant la nuit, [Prénom] se réveille et appelle. Papa/Maman viennent

TOUT DE SUITE et rassurent

→ Le matin, [Prénom] est fier·ère : « J’ai dormi dans ma chambre ! »

Comment utiliser :

  • Lisez-la 7-10 soirs AVANT la transition
  • Insistez sur « Papa/Maman sont juste à côté »
  • Validez les émotions (peur = OK)
  • Montrez que tout se passe bien
  1. Renforcer le rituel du coucher

Le rituel devient votre allié. Il doit être :

PRÉVISIBLE : Même ordre tous les soirs, 20-30 minutes
APAISANT : Baisse progressive de l’énergie, voix douce
SÉCURISANT : Temps de connexion parent-enfant

Exemple de rituel :

19h45 : Bain tiède

20h00 : Pyjama + brossage de dents

20h05 : 10 min de jeu calme ensemble dans la chambre

20h15 : 2 histoires (dont l’histoire personnalisée)

20h25 : Câlin + « bisou magique » + phrase rituelle

20h30 : Couché dans le lit, vous restez quelques minutes

La phrase rituelle (à créer et répéter chaque soir) : « Bonne nuit mon amour. Je suis juste à côté. Si tu as besoin, tu m’appelles. Je t’aime fort. »

Stratégies de transition : Approches progressives

Il existe plusieurs approches d’ accompagnements. Aucune n’est « meilleure » que les autres. Choisissez celle qui correspond à votre philosophie parentale et au tempérament de votre enfant. 

Conclusion : Vous avez toutes les clés

Cette transition, c’est un passage, pas une rupture.

Ce que la science nous dit :

  • L’attachement se mesure à la qualité du lien, pas à la distance physique
  • La prévisibilité, la stabilité et la proximité (même à distance) créent la confiance
  • Les enfants sont capables de sécurité intérieure quand on les accompagne

Ce que l’expérience enseigne :

  • Les 3 premiers jours sont les plus durs
  • Chaque enfant a son rythme
  • Votre conviction + votre présence = 80% du succès

Ce que votre cœur sait déjà : Vous êtes exactement le parent dont votre enfant a besoin.

Dans quelques semaines, vous verrez votre enfant dormir paisiblement dans sa chambre et vous penserez : « On l’a fait. Ensemble. »

Vous ne coupez pas le cordon. Vous lui apprenez que le lien est élastique : il peut s’éloigner, vous restez reliés. 💙

Pour aller plus loin

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